texte d humeur a la recherche de musique
Posté le 21.11.2007 par salertchansons

Quand le jour tombe sur la ville,
Les bruits s'estomp'nt et le vacarme
Tout semble devenir tranquille
Pour désarmer la moindre alarme.
La vie paraît s'être arrêtée
La nuit règne compacte et dense;
Les sons se font sourds, étouffés:
La tension chut' face au silence.
On peut sombrer dans le sommeil
Ou dormir d'une seule oreille,
La nuit est comme un océan
Où l'on plonge et se noie dedans.
Quand s'allument les réverbères
Pour remplacer l'astre solaire,
Toutes les chos's alors diffèrent
Pour que l'on perde tout repère;
C'est de suite un tout autre monde
Qui se lève et qui se refonde,
Et de l'endroit reste l'envers
De ce décor qu'est l'univers.
On peut sombrer dans le sommeil
Ou, noctambule, être en éveil,
La nuit est comme un océan
Que l'on sillonn' mort ou conscient.
Quand le soleil tend ses rayons
Depuis la ligne d'horizon,
Il tire avec eux la pénombre
D'un grand manteau de couleur sombre
Et pour ne pas être de reste
On troque dès lors notre veste
Pour une chemise, un bonnet
Qu'on met dans les grands lits douillets.
On peut sombrer dans le sommeil
Ou, insomniaque, être en éveil,
La nuit est comme un océan
Où l'on compte les moutons blancs.
Gérard SALERT
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Posté le 21.11.2007 par salertchansons

J'ai la clé pour les plus beaux songes
Quand les dormants restent de bois
Et je me porte sans mensonge
Toujours battant, bien mieux, ma foi.
La clé de sol m'ouvre un doux chant
Et celle des champs, l'air du temps
Pour faire un tour de clé, bien sûr,
A ces ennuis que l'on endure
De tout genre et de toute sorte
A mon trousseau, j'ai bien des clés
Pour ouvrir n'importe quell' porte
Sans peine, je suis serrurier
Je fais la nique aux géoliers
Avec un seul passe en sésame:
Sous les verrous, les prisonniers,
A double tour, tous me réclament;
Il y a jusqu'au bon Saint-Pierre
Qui m'appelle pour son secours:
Les anges gardiens en prière
Mandent mon rossignol d'amour.
De tout genre et de toute sorte
A mon trousseau, j'ai bien des clés
Pour ouvrir n'importe quell' porte
Sans peine, je suis serrurier
Ne me mettez pas à la porte
Pour me fair' sortir de mes gonds
Car j'ai pour me prêter main forte
A vos clés de voute, un canon.
Je suis blindé à tous les coffres:
Rien ne résiste à mes crochets:
Avec la chignole, je m'offre
Le plus coriace des loquets.
De tout genre et de toute sorte
A mon trousseau, j'ai bien des clés
Pour ouvrir n'importe quell' porte
Sans peine, je suis serrurier
J'ai un pied de biche en remède
Aux cadenas récalcitrants
Et toutes les portes me cèdent
Même avec un judas méfiant.
Je gâche mon temps en targette
Et ma bourre à capitonner
Avec les pip's et les mollettes
Et les chaîn's de sécurité.
De tout genre et de toute sorte
A mon trousseau, j'ai bien des clés
Pour ouvrir n'importe quell' porte
Sans peine, je suis serrurier
Gérard SALERT
Posté le 20.11.2007 par salertchansons

C'est un regard nouveau qu'on porte sur les choses
Et, tout émerveillé, on se prend à rêver.
On découvre, étonné, la beauté d'une rose
Et les contes de fée se font réalité:
La poésie ...
C'est une belle image au détour d'une phrase,
C'est le bleu d'El Gréco, la touche de Renoir;
C'est le frisson de l'âme aux portes de l'extase
Et la tendre couleur du silence d'un soir,
La poésie ...
C'est la harpe égrenant une averse d'arpèges,
C'est comme une musique habillant un propos,
C'est un chant qui s'envole et le coeur qui s'allège
En un cri de révolte, un soupir, un sanglot,
La poésie ...
C'est un rire qui fuse à la fête, au manège,
C'est un nuage au ciel qui s'étire harmonieux
Et quand parfois il crève en une blanche neige,
Les enfants tout heureux ouvrent bien grand leurs yeux,
La poésie ...
C'est le jour se levant, le soleil qui le sacre
Ou bien un clair de lune illuminant la nuit;
C'est une perle rare en son écrin de nacre,
C'est la mer, c'est la vie, l'univers, l'infini,
La poésie ...
Gérard SALERT
Posté le 20.11.2007 par salertchansons

La première que je connus
Etait douce et même ingénue
Pour croire à toutes ces histoires
Et dire "-Oui." sans rien savoir.
Elle attendait quand je partais,
Quand je sifflais, elle accourait
Pour toujours s'effacer
Sans plus de volonté.
Mais comme je n'ai rien du chien
Et qu'à garder je n'avais rien,
J'ai jeté loin ses laisses
Pour une autre maîtresse .
C'est de rencontres fugitives
En liaisons bien passagères
Que les hommes essaient de vivre,
D'oublier qu'ils sont solitaires .
Elle était du genre adjudant
Qui seule élit son commandant
Pour le mettre aux fers, aux enfers
Au plus petit pêt de travers.
Elle avait bien du coeur au ventre
Et le ventre aussi sur les jambes
Pour qu'elles aillent à son cou
Lorsque s'élevait mon courroux.
Moi qui suis anti-militaire,
J'en eus vite assez de la guerre
Bien qu'elle ait cloturé
Mon coeur de barbelés .
C'est de rencontres fugitives
En liaisons bien passagères
Que les hommes essaient de vivre,
D'oublier qu'ils sont solitaires .
Elle était posséssive, entière,
Jalouse à vous mettre les fers,
A vous désarmer, impuissant,
Son mari l'était sûrement .
Pour prendre ce taureau sans corne,
La chose fut facile et bonne:
Allongé dans le pré,
Ses fleurs à effeuiller
Mais moi qui suis un vagabond,
J'asphixiais dans cette prison
Ruminant des pensées
Sur les champs et leur clé .
C'est de rencontres fugitives
En liaisons bien passagères
Que les hommes essaient de vivre,
D'oublier qu'ils sont solitaires .
Poursuivant ma route de nuit
Quelques allumeuses, là, ont lui
Et j'ai rencontré parmi elles
Cette étoile qui étincelle .
Elle était belle comme le jour,
Comme un soleil, comme l'amour
Pour être d'elle fou
Et lui donner tout, tout.
Quand le jour, après quelques mois
S'est levé doucement en moi,
J'étais dressé, dompté
Pour rester à ses pieds .
C'est de rencontres fugitives
En liaisons bien passagères
Que les hommes essaient de vivre,
D'oublier qu'ils sont solitaires .
Gérard SALERT
Posté le 20.11.2007 par salertchansons

Quand chaque jour qui va emporte au fil des heures
Quelques lambeaux d'espoir , de douces illusions ;
Quand chaque jour apporte aux premières lueurs
De grands coups de poignard aux moindres guérisons ,
On se laisse envahir par la mélancolie
Qui se glisse insidieuse , au plus profond des lits
Lors, on se trouve empli par une lassitude ,
Un découragement qui nous rend la vie rude .
A nous donner l'envie de tout foutre par terre ,
On peut se foutre à l'eau ou s' envoyer en l'air ,
C'est le moindre des maux car le pire d'entre eux
Nous ôte le désir de dire un seul "Je veux !".
Sans raison apparente ,on se met à pleurer
Il pleut comme en Novembre et le vent peut souffler .
On patauge , on s'enlise , on s'efforce , on se vide ;
Un fantôme nous hante et tout devient morbide .
L'heure n'est surtout pas à se laisser aller
Mais bien à réagir , lutter d'arrache-pied
Pour savoir reconnaître et saisir cette chance
Qui peut surgir soudain avec la Providence .
Le bonheur est là , juste à portée de la main .
Il tourne et retourne sur la roue du destin .
C'est le pompon de ce manège qu'est la vie
Et notre corps bandé tout entier s'en saisit .
Rien n'est jamais acquis pour un jour , pour un an .
Qui sait si ce demain sera fait autrement ?
Il ne faut pas dormir même après la victoire ,
Il faut toujours agir même après les déboires .
Si ces temps sont pluvieux , espérons l'arc-en-ciel
Et si l'heure est belle , sachons goûter son miel
Rien n'est jamais acquis pour un jour , pour un an .
Qui sait si ce demain sera fait autrement ?
Le bonheur est là , juste à portée de la main .
Il tourne et retourne sur la roue du destin .
C'est le pompon de ce manège qu'est la vie
Et notre corps bandé tout entier s'en saisit .
Gérard SALERT
Posté le 20.11.2007 par salertchansons

On met dans nos usines
De bien belles machines
Qui produisent bien plus
Que bon nombre de "gus" ,
Et l'on est tout surpris
De voir monter les prix ,
Messieurs les politiques ,
Il faut qu'on nous explique !
On construit des robots
Qui font mille boulots
Mais qui ne savent pas
Remplir un estomac
Et l'on voit dans la rue
Dix mille mains tendues ,
Messieurs les politiques ,
Il faut qu'on nous explique !
Bien des poches sont vides
Et tous les stocks s'oxydent
Dans les magasins pleins
De vivres et de biens;
On fabrique ,on fabrique
Mais qui donc a les briques :
Messieurs les politiques ,
Il faut qu'on nous explique !
Aux étals des marchands
Le luxe est aveuglant ,
Les appétits s'aiguisent
Avec la convoitise
Et l'on oublie sans mal
La conscience morale ,
Messieurs les politiques ,
Il faut qu'on nous explique !
On nous apprend les droits
Et jusqu'aux "passe-droits"
Comme pour faire croire
Qu'on n'a plus de devoir
Et que tous les moyens
Justifient notre fin ,
Messieurs les politiques ,
Il faut qu'on nous explique !
Il y a bien des lois
Et des dérogataires ;
Pour les sanctions , le droit
Est aussi arbitraire
Pour s'appliquer au gré
De juges trop pressés :
Messieurs les politiques ,
Il faut qu'on nous explique !
Gérard SALERT
Posté le 19.11.2007 par salertchansons

Le temps distend jusqu'à leurs os,
Rien n'échappe à tous ses travaux.
Les vieux,dos vouté,reins cassés,
D'un pas bien lent,bien hésitant
Marchent et le souffle du vent
Peut chaque instant les emporter :
C'est à cet âge que l'on s'affole
Pour un étage,un entre-sol.
Le temps distend jusqu'à leurs forces ;
Personne n'y fait une entorse.
Comm' des poupées de porcelaine
Emmitouflés,ils vont et viennent
Et s'enfilent dans du coton,
Mon vieux puisse-t'il être bon !
C'est à leur âge qu'ils sont dedans
Sans rien de rage,pas même aux dents.
Le temps distend jusqu'au cerveau;
Rien n'échappe à tous ses travaux
Et les vieux recroquevillés,
Comm' pour mieus remonter le temps ,
N'ont pour ce jour aucun présent
Et nous recensent leur passé :
A cet âge-là,tout s'affaisse
Et sans ménage,le temps blesse.
Le temps distend même les mots ;
Rien n'échappe à tous ses travaux .
Les n'entendent plus,ils guettent
A l'abri de la brise fraîche ,
Sans bronchite et puis sans broncher
Retiennent leur souffle dernier :
Hélas,c'est l'âge ,lâchant la bride,
Même au village,la barque est vide !
Le temps distend jusqu'à leur peau ;
Rien n'échappe à tous ses travaux.
Et quand il égrène ses heures
A la pendule de leur coeur,
Ses ondes leur tracent des lignes
Et les vieux doucement se rident :l
C'est à votre âge que sur vos traits
L'outrage du temps tire un trait.
Le temps distend jusqu'à leur sens ;
Personn' n'échappe à ses sentences !
Les vieux ont un regard bien flou
Et leur vue baisse à l'abat-jour ;
La bajoue pend.-"Est-ce bien à nous ?",
La bougie meurt,la Mort accourt :
C'est à ces âges qu'on se ferme ,
Et leur visage pâle est terne !
Gérard SALERT
Posté le 19.11.2007 par salertchansons
Un coquillage à mon oreille
Comme écouteur,la mer y bèle
Et bergère d'un grand troupeau,
Elle rassemble sur son dos
De blancs moutons chers à Panurge
Même si Dindenault s'insurge.
Un coquillage au pavillon,
J'appareille à de vagues sons
Qui se brisent avec les lames
Et résonnent jusqu'à mon âme;
L'écume de lait ne s'écrème
Qu'aux flux et reflux de mes rêves.
Un coquillage comme un cornet
Ressuscite en moi quelques songes
Et jetant l'encre à l'encornet
Je ne peux que passer l'éponge.
La mer,la mer comme c'est beau:
Altière,à fleurs, ya les coraux!
Un coquillage à mon tympan,
La mer est dans la nuit des temps:
La lune en poisson, des étoiles
Filent dans le fonds de sa toile
Et les dauphins en bons seconds
Se mettent à leur diapason
Et je suis là, dessus la grève,
Un coquillage à mon oreille;
Et je suis là qui songe et rêve
Jusqu'à ce coucher de soleil:
Des sirènes donnent le ton
A finir en queue de poisson.
Gérard SALERT
Posté le 19.11.2007 par salertchansons

Même les calmes les plus plats
Connaissent la houle et le froid,
Et les flots toujours se balancent
Nous entraînant à leur cadence.
Ainsi les vagues ont des creux
Où l'on glisse bien malheureux
De ces bonheurs combien précaires
Aux désastres ou aux enfers.
A cette mer, la vie ressemble
Car ses flots toujours se balancent
Au gré des vents et des marées
Qui président nos destinées.
Ce n'est parfois qu'un doux sourire
Qui lève en nous le souvenir;
Ce n'est encor' qu'un lourd chaland
Qui nous remue de ses tourments;
Ce peut être le vent du large
Qui nous ferait sortir des marges,
Mais c'est toujours une tempête
Qui cogne à notre âme, nos têtes.
A cette mer, la vie ressemble
Car ses flots toujours se balancent
Au gré des vents et des marées
Qui président nos destinées.
On boit ainsi souvent la tasse
A être saoûl, plein de grimaces,
Et soudain sans savoir comment,
Par un sourire, un compliment,
Nous voici des gouffres aux faîtes,
Et perchés dessus cette crête,
Respirant la brise bien fraîche
On s'énivre dans l'air des fêtes.
A cette mer, la vie ressemble
Car ses flots toujours se balancent
Au gré des vents et des marées
Qui président nos destinées.
Gérard SALERT
Posté le 19.11.2007 par salertchansons

Avoir une femme, une femme à soi,
Et lui payer un' pair' de bas,
Et la choyer d'un beau vison,
Et la couver dans un cocon,
Puis sentir battre son grand coeur
Et croir' qu'on nag' dans le bonheur;
Avoir l'ami , le véritable
Et quand l' cafard s' met à votr' table,
Lui raconter tout' sa salade
En sachant bien qu'il s'ra malade,
Qu'il s'ra malad' de notr' chanson
Puisque sont nés tous nos soupçons;
Avoit télé et tout l' confort,
Se croire alors beaucoup plus fort;
Avoir bagnole et femm' chez soi,
Divan de soie, un petit toit
Pour les grands froids, un peu d' coton
Et travailler comme un couillon!
Pour amasser un peu d' pognon
Et m'en servir de cette façon,
J' préfère encore' le foutre à l'eau
Quitte à passer pour un salaud!
Je peux vivre avec peu de sou
Et rester libre malgré tout!
J'ai pas besoin de leurs millions
Et même si j'ai pas un rond
Je peux toujours rouler ma bosse
J'ai pas besoin de leur carosse,
Ni du confort , ni mêm' d'un toit
Pour être heureux autant qu'un Roi!
Quand ils sauront qu' j'ai seulement
Dans mon âme un p'tit peu de vent,
Et que mon coeur perdant raison
Vit maintenant tout's ses chansons,
Tous ces grands et petits bourgeois
Envieront bien ma joie, je crois.
Gérard SALERT
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